CHIRURGIE DES OREILLES DÉCOLLÉES


DEFINITION, OBJECTIFS ET PRINCIPES


Oreilles décollées

La technique chirurgicale prévoit une incision cutanée dans le sillon rétro auriculaire, c’est-à-dire dans le pli naturel situé derrière l'oreille, ou à la face postérieure de l’oreille.
Dans certains cas, de petites incisions complémentaires seront pratiquées à la face antérieure du pavillon, mais elles seront alors dissimulées dans des replis naturels. Il convient de remarquer qu’à aucun moment les cheveux ne sont coupés. Le pansement est représenté par un bandage autour de la tête.

La chirurgie des oreilles décollées est praticable à partir de l’âge de six sept ans selon la maturité du patient.  Il est très important que la requête de l’intervention soit exprimée par le patient lui-même et non par les parents : un  enfant qui n’est pas gêné par la déformation de son oreille n’acceptera pas facilement l’intervention.
Aucun médicament contenant de l'aspirine ne devra être pris dans les 10 jours précédant l'intervention afin d’éviter le risque d’hémorragie.
 
Si l’enfant ou le patient/e  participe,  il est possible de pratiquer une anesthésie locale approfondie par des sédatifs administrés par voie intra-veineuse (anesthésie "vigile"). Cela permettra d’effectuer l’intervention  en "ambulatoire", c'est-à-dire en hospitalisation de jour, avec une sortie autorisée le jour même après quelques heures de surveillance.
Toutefois, dans certains cas, une courte hospitalisation peut être préférée.
Il peut être indiqué de rester hospitalisé la nuit qui suit l’intervention.


LES RISQUES


Les vraies complications sont très rares à la suite d'une otoplastie.
En pratique, l'immense majorité des interventions se passe sans aucun problème.

Les complications rares, mais possibles sont :

  • Saignement post-opératoire : s’il est plus important qu’une simple tache de sang sur le pansement (qui n’a rien d’inquiétant), cela peut justifier une ré intervention pour stopper le saignement à son origine. Le sang peut aussi ne pas s’extérioriser et donner lieu à un hématome qu’il est souvent préférable d’évacuer.

  • Infection : elle est heureusement très rare grâce aux mesures d’asepsie opératoire draconiennes. Si elle survient toutefois, elle nécessite un traitement rapide et énergique afin d’éviter une atteinte du cartilage (chondrite) qui pourrait être grave.

  • Nécrose cutanée : exceptionnelle, elle survient parfois du fait de troubles de la circulation sur la peau très fine de la face antérieure du pavillon, en regard d’un relief cartilagineux. La cicatrisation intervient en règle grâce à des pansements locaux en laissant une petite plage cicatricielle.

  • Cicatrices anormales : malgré toute l’attention portée à la réalisation des sutures, les cicatrices situées en arrière du pavillon de l’oreille peuvent être le siège d’une inflammation et d’une hypertrophie gênante, voire d’une évolution "chéloïdienne" (pérennisation de l’hypertrophie cicatricielle) dont la survenue est imprévisible et dont le traitement reste difficile. Une prévention peut être prescrite (compression , application de gel de silicone).

Au total, il ne faut pas surévaluer les risques, mais simplement prendre conscience qu’une intervention chirurgicale, même apparemment simple, comporte toujours une petite part d’aléas.


CONVALESCENCE

La douleur peut être importante pendant les premières 24 heures, mais est normalement  soulagée par les antalgiques de base (paracétamol).

Il est préférable de changer le premier pansement le jour suivant afin de contrôler l’éventuelle présence d’un hématome, complication la plus importante de ce type d’intervention.Le pansement propre permettra, aussi, de refaire un pansement plus souple et moins tendu autour de la tête.

Les oreilles pourront alors apparaître gonflées, avec des reliefs masqués par l'œdème(gonflement). Des bleus plus ou moins importants sont parfois présents. Cet éventuel aspect  ne doit pas inquiéter : il n'est que transitoire et ne compromet absolument pas le résultat final.

Pendant un mois, le/a patient/e doit maintenir les oreilles adhérentes à la tête avec une bande élastique type "bandeau de tennis" , surtout pendant la nuit.

Il est très important de protéger les oreilles du froid pendant la première année. Dans la grande majorité des cas, les résultats sont définitifs. Toutefois, une récidive du décollement (en principe partielle) peut éventuellement survenir à moyen terme, pouvant alors nécessiter une ré intervention.
Le but de cette chirurgie est d’apporter une amélioration et non pas d’atteindre la perfection.

GALERIE PHOTOS


Avant

Après

Oreilles décollées claudio cannistraOreilles décollées claudio cannistraOreilles décollées claudio cannistraOreilles décollées claudio cannistra

 

Avant

Après

Oreilles décollées claudio cannistraOreilles décollées claudio cannistra Oreilles décollées claudio cannistraOreilles décollées claudio cannistra